Erwin Blumenfeld : glamour et surréalisme

Les photos d’Erwin Blumenfeld ressemblent à tout ce que j’aime dans la photo de mode. Elles allient glamour et surréalisme, deux choses assez dures à faire cohabiter, mais qui peuvent marcher merveilleusement bien.

Ses photos commerciales sont dans la continuité de ses dessins Dada réalisés dans les années 20 nés dans l’impertinence subversive du mouvement Dada, mais aussi de son travail photographique expérimental des années 30 dans lequel il exploite avec brio toute la palette des techniques surréalistes de la distorsion, à la solarisation en passant par la plongée. Il ne cesse ainsi d’appliquer les principes hérités de l’avant-garde artistique européenne qui rendent son travail très riche.

Il y a une très grande cohérence dans son travail et des thèmes reviennent très souvent. J’aime beaucoup son travail sur les vitres opaques notamment dans cette photo, qui est la photo de l’expo., mais aussi, définitivement, ma préférée.

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Erwin Blumenfeld – Couverture Vogue US 1945 – Soutenez la Croix-Rouge

Il y a aussi celle-là, qui montre et suggère délicatement le vêtemen

Toujours dans la veine surréaliste, il y a le thème du doublon que j’adore, qu’il exploite differemment.

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Erwin Blumenfeld – Couverture vogue US – été 53 / Robe de Cadwallader – 1946 / Audrey Hepburn – 1952

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Erwin Blumenfeld – mannequin Lilian Marcusson – Couverture Vogue US – janvier 1951

Je trouve l’idée de faire apparaitre cette femme minuscule sur cette grande couverture géniale !

Ce photographe, qui fut un des plus grands photographes de mode des années 50 et 60 a naturellement semé des graines que je me suis amusées à retrouver par ci-par là dans ma tête.

Ainsi, le génial Goude, tout aussi surréaliste, a expérimenté à sa façon le thème du découpage.

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Jean-Paul Goude – Mannequin Grace Jones / Erwin Blumenfeld

Puis, quand je suis passée devant cette photo je me suis dit que l’idée ne leur était pas tombée du ciel. Je ne sais pas s’il est plus simple de porter une robe longue ou des chaussures à talon pour grimper en haut de la tour Eiffel, mais la hippie à l’air nettement plus à l’aise que Marion Cotillard.

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Erwin Blumenfeld – pour Lucien Lelong – 1939 / Peter Lindebergh – pour Dior – 2008

J’ai pensé aussi à ce photographe que j’aime beaucoup et qui  doit être un fan inconditionnel car pour chaque photo qu’il fait on trouve la correspondante chez son mentor.

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Erwin Blumenfeld – Publicité pour Chesterfield – vers 1956 / Solve Sundsbo

En comparant ces deux photos, on remarque, dans la photo de Blumenfeld, la couche de plâtre accroché au duvet du visage du mannequin, et on constate dans le même temps les progrès en cosmétique…comme en retouche photo.

Même si le rayon mode est un peu court, c’est une belle expo. Ne vous évanouissez pas devant ses têtes de veau au début de l’expo. Moi aussi elles m’ont donné des cauchemars. Mais quand on s’intéresse un peu, on comprend que c’est ce travail expérimental qui lui permis d’accoucher des merveilles un peu plus loin, alors on passe son chemin. Dans le rayon des horreurs (tout ne peut pas être parfait), il y a aussi le portrait pas très glamour d’Hitler en squelette, qui a eu sont petit succès aussi à l’époque paraît-il.

Image toute en haut : Erwin Blumenfeld – Rage for color – 15 octobre 1958

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